“Nighthawks” by Edward Hopper.
J’ai découvert ce tableau dans cette série un peu étrange que je regardais il y’a quelques années, “Dead like me” ( je la conseille aux adeptes de l’humour noir), et il m’a parlé.
Edward Hopper est un artiste américain, né en 1882. Il a commencé très jeune à s’intéresser à l’art et à dessiner. Il part étudier à New York, à la New York School of Art. Pendant près de 20 ans, il ne sera que professeur d’arts et ce n’est qu’en 1923 qu’il rencontre enfin le succès après son exposition au Whitney Studio Club.
On lui connaît un période parisienne, à ses débuts, puisque ses nombreux voyages en Europe l’ont fait tombé sous le charme du Vieux Continent et plus particulèrement de la ville lumière. Mais ici, c’est l’Amerique avec un typique “diner” que Hopper a choisi de représenter. Ce tableau lui aurait été inspiré par une nouvelle d’Hemingway, “The Killers”, ou deux tueurs attendent dans un bar l’arrivée de leur victime.
Pour la partie un peu plus technique, ce tableau de 1942 est une huile sur toile mais ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse le plus.
Je ne connais rien à l’art, je ne l’ai jamais étudié. Ma plus grande entrée dans ce domaine,c’est d’écouter d’une oreille distraite “D’Art d’art” entre deux épisodes de Cold Case. Mais quand j’entre dans un musée, j’ai le même silence respectueux que dans une église ou une bibliothèque. Je ne m’arrête pas devant tous les tableaux mais quand l’un attire mon oeil, je peux rester devant comme un enfant devant un sapin de Noel.
Quand j’ai vu ce tableau, immédiatement, il m’a parlé. Je me suis identifié aux personnages, à cette femme en rouge qui attire le regard en premier, à l’homme à côté d’elle à qui elle ne parle pas, au serveur qui les observe en se demandant quand ils vont se décider à partir pour qu’il puisse fermer et surtout à cet homme qu’on ne remarque pas tout de suite, perdu dans son verre. Je me suis imaginé que j’aurais pu le peindre ( même si mon plus grand talent pour le dessin c’est de savoir faire un soleil qui sourit dans le coin d’une feuille), ce que j’en dirais si j’en discutais. J’ai même imaginé Hopper en train d’y réfléchir, de s’y pencher, d’éclaircir le coin du couple et du serveur, d’ombrager le dos de celui dont on ne voit que ce chapeau et ce dos.
En regardant ce tableau, je me sens transporté à New York, dans ce “diner”, parmi ces oiseaux de nuit ( le nom français de ce tableau) mais je n’ai rien à ajouter car comme le dit Hopper lui-même, “If you could say it in words, there would be no reason to paint.”